Cette fin d’année 2018 n’a pas été de tout repos pour Nvidia. La société californienne n’a, semble t-il, pas profité du dynamisme qu’aurait dû engendrer la sortie de ses nouvelles cartes graphiques Turing, bien au contraire. En effet, dans un communiqué, la firme vient d’annoncer avoir abaissé ses prévisions pour le trimestre fiscal en cours.

Dans le jargon, on appelle ça un profit warning, et ce n’est évidemment pas une nouvelle que les marchés apprécient. Nvidia a donc surestimé les retombées financières liées à la sortie de sa nouvelle gamme de solutions graphiques, et table désormais sur un chiffre d’affaires de 2,20 milliards de dollars pour le quatrième trimestre de son exercice fiscal, contre 2,70 milliards prévus à la base, soit une baisse de 19%. A cette annonce, l’action a plongé et perdu 12% de sa valeur, selon l’impitoyable loi des places boursières.

Outre quelques reports de contrats pour des produits pour centres de données, qui n’ont pas arrangé les choses, c’est bien la mauvaise santé du secteur jeu-vidéo qui est en cause. La Chine, qui représente le plus important marché pour les cartes graphiques gaming, subit un fort ralentissement économique qui vient s’ajouter aux tensions de ses relations avec les États-Unis. Nvidia n’est d’ailleurs pas le seul à faire les frais de ce contexte macroéconomique défavorable puisque d’autres acteurs du secteur enregistrent des baisses, notamment AMD qui a perdu -7% de sa valeur dans le même temps.

Le T4 a été un trimestre extraordinairement et inhabituellement agité et décevant. La détérioration de la conjoncture macroéconomique, en particulier en Chine, a eu un impact sur la demande des consommateurs pour les GPU NVIDIA destinés aux jeux.

Nvidia

Cependant, même en dehors de l’Empire du Milieu, les choses ne sont pas reluisantes pour les RTX Turing. Boudées pour leurs tarifs prohibitifs, qu’elles justifient par une technologie qui n’a pas encore fait ses preuves et traine la réputation de phagocyter les performances, elles ont également été jusque là en concurrence directe avec les cartes de la génération Pascal dont les capacités sont, pour certaines, très proches des modèles haut de gamme Turing, pour un tarif bien moindre.

Ces produits offrent un saut révolutionnaire en termes de performances et d’innovation avec le Ray Tracing en temps réel et l’IA, mais certains consommateurs peuvent avoir retardé leur achat en attendant des prix plus bas et l’implémentation plus poussée de la technologie RTX dans les jeux réels.

Jensen Huang, PDG de Nvidia

Enfin, l’effondrement du marché des crypto-monnaies survenu au cours du quatrième trimestre 2018 a conduit, lui aussi, à une baisse des ventes des GPU neufs, et inondé au même moment le marché de l’occasion de cartes graphiques provenant d’anciens mineurs. Ce phénomène avait déjà coûté à Nvidia près de 17% de perte de la valeur de son action au troisième trimestre 2018. Et pour ne rien arranger, une action de justice collective devrait être lancée à l’encontre de la firme par certains actionnaires afin de récupérer leur investissement après l’éclatement de la bulle autour des crypto-monnaies.

Nvidia donnera ses prochaines prévisions pour le trimestre en cours le 14 février. Si la situation lui semble défavorable aujourd’hui, la firme semble essayer une nouvelle approche avec l’arrivée prochaine des GPU Turing dépourvus de Ray Tracing qui tenteront de reconquérir le marché.

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