Le PM-3 est un casque hifi, portable et, dans une certaine mesure, nomade, à technologie planar magnetic. Avec un prix européen de 530€, il s’agit clairement d’un produit de luxe. Est-ce le prix à payer pour pouvoir bénéficier d’une technologie novatrice dans un format assez compact?

Le package se compose globalement d’un étui de transport relativement compact et de plusieurs câbles. En fonction de l’endroit où vous l’achetez, le bundle peut différer : la version vendue en Europe est, en principe, pourvue de toutes les versions de câbles (Ios, Android, câble sans télécommande) alors que les vendeurs Ebay, par exemple, proposent généralement l’un ou l’autre des câbles… Le câble n’est ni trop fin ni trop épais, il ne s’emmêle pas excessivement non plus. La longueur est idéale pour du nomadisme, il ne prend pas trop de place dans une poche (l’excédent de câble se fait souvent dans la poche) et est entièrement noir. Les plus audiophiles préféreront sans doute opter pour un câble balanced ou d’autres modèles sophistiqués comme certains câbles en argent ou en cuivre. L’étui de transport prend vraiment peu de place dans un sac à dos, étant donné que les bobines peuvent se mettre à plat. De fait, il n’est pas trop encombrant à prendre avec soi en nomade.

La qualité de fabrication est excellente, on retrouve de l’aluminium sur l’ensemble de la structure, ainsi que du simili-cuir de très bonne facture et qui ressemble fort à du cuir véritable. Le choix du simili-cuir peut sembler décevant, surtout pour un casque vendu à ce prix. Cependant il offre l’avantage de moins chauffer les oreilles de l’utilisateur. Les pivots en alu respirent la solidité et sont bien conçus. Le casque parait plutôt lourd, mais avec l’habitude il se fait oublier plutôt facilement. On y reviendra dans la section consacrée au confort. L’arceau peut se régler simplement avec un système de clics précis et efficace. Les bobines peuvent être mises à plat.

Confort et isolation

Comme la plupart des casques, qu’ils soient nomades ou hifi, il faut souvent attendre quelques jours ou semaines pour que l’arceau s’assouplisse. Sur le PM-3, c’est flagrant. Durant les premiers jours, l’arceau se révélait dur comme du bêton. Astuce de grand-mère : posez plusieurs livres entre les bobines quand vous ne l’utilisez pas afin d’accélérer le processus. Le système de clics permet donc un réglage facile et rapide. Une fois habitué au casque, vous savez précisément quel réglage choisir. Cependant il faut à chaque fois le remettre à zéro avant de le ranger dans l’étui de transport. Le poids est assez supportable avec environ 320g, il n’est pas trop difficile de le porter une journée entière. L’espace intérieur des bobines est spacieux ; il s’agit d’un véritable casque over ear dans un design toutefois compact. Les bobines en simili-cuir ne chauffent pas les oreilles (ou alors très peu lors de plus longues sessions). Choix intéressant, surtout en été où les casques fermés avec pads en cuir peuvent apporter un effet « fournaise » pour vos pauvres oreilles…

L’isolation est très efficace et se classe parmi les meilleurs casques fermés du marché qui n’utilisent pas de réduction active de bruit comme les Bose ou Sony pour ne citer qu’eux. Une isolation passive très performante rendue possible par une conception des bobines qui forment un excellent « seal ». Dans les transports en commun il permet de s’immerger sans trop de soucis dans sa musique. Il supprime la grande majorité des bruits externes.

Le son

Dans l’introduction du test, se pose la question de savoir s’il s’agit d’un casque nomade ou non. Certains diraient que non, d’autres oui… Dans tous les cas, on peut au moins le considérer comme portable (nomade ou presque donc) : il n’est pas trop lourd ni trop encombrant, et il isole très bien.

Le son de ce casque est bluffant, et surpasse sans sourciller, d’un point de vue technique, la majorité des casques nomades du marché.

Les basses peuvent descendre très bas sans devenir pour autant brouillonnes. Au contraire, la précision est chirurgicale. Le contrôle des basses est parfait. La juste quantité est bien délivrée. Si le morceau est bien fourni en basses vos oreilles seront ensevelies dans une avalanche de basses. Une approche typiquement hifi où l’équilibre est de mise. L’impact est soutenu, sans exagération. Les basses n’inondent pas le reste du spectre et restent à leur place. Dans l’ensemble, il n’est pas léger en basses, mais il n’est pas forcément ultra basseux. La précision, la vitesse, le contrôle, la juste quantité, tout y est.

Avec une signature mid centric, la signature de cet Oppo met en avant les mediums. À l’écoute, on peut déceler beaucoup de détails, mais surtout un sentiment de naturel exceptionnel notamment sur les voix et les instruments à cordes. Le niveau de détails, comme l’ensemble du reste des fréquences, demeure élevé, on peut parfois se surprendre à entendre respirer de temps à autres le chanteur. Les timbres de voix sont bien respectés, avec une légère préférence pour les voix masculines. Les voix féminines passent bien, mais avec un soupçon de maitrise en moins. Le PM-3 ravira les amateurs de mediums !

Les aigus bénéficient d’un subtil équilibre. Ils sont bien contrôlés, ils ne montent pas très haut mais ne sont pas pour autant écourtés comme c’est la tendance dans certains casques nomades. Sur de longues sessions, ils ne posent pas de problèmes, pas de fatigue à noter. Aucun souffle particulier à souligner. Plus qu’un équilibre, Oppo a réussi à trouver un bon compromis entre la qualité de l’aigu et l’aspect agréable des plus longues sessions. Certains pourront toutefois trouver qu’ils sont légèrement écourtés.

La séparation des instruments et de la voix est très précise. On peut suivre un instrument de manière individuelle sans difficulté. Idem pour le placement, il est facile de placer dans l’espace tel ou tel instrument ou chanteur. Paradoxalement, la largeur de scène est plutôt étroite, on se trouve dans la moyenne basse des casques nomades… Le casque est doté d’une précision diabolique, que ce soit sur l’ensemble des fréquences (basses/mediums/aigus), il révèle le moindre micro détail. Il restitue aussi brillement les timbres. Cette redoutable précision est rendue possible grâce à la technologie planar magnetic qui comporte un aimant, à l’inverse des casques à membrane dynamique qui constitue encore la technologie par défaut pour les casques actuels. La signature est bien équilibrée, les basses répondent présent quand il le faut, les mediums sont un régal et les aigus sonnent juste. La signature est donc relativement neutre avec un léger penchant musical dans les mediums. Dans l’ensemble, elle sonne de manière assez « sage », peut-être un peu mou en fonction de la source avec un manque de dynamisme si la source ne délivre pas une puissance satisfaisante. L’Oppo sonne assez bien sur un smartphone basique, mais délivre tout son potentiel sur des sources plus haut de gamme. On peut dire qu’il scale très bien en montant en gamme dans les sources. Sa faible impédance de 32 ohms est finalement trompeuse. Il peut être utilisé avec une large quantité de sources mais le résultat sera somme toute souvent variable.

Conclusion

Au final, Oppo délivre un casque redoutable. On peut le considérer comme un casque mi hifi mi nomade. Très confortable, qualité de son stellaire, isolation de top niveau, léger, il est pénalisé par un prix européen bien trop élevé ; il requiert également une source de qualité pour l’exploiter à son meilleur niveau. Abstraction faite du prix, il s’agit probablement d’un des meilleurs casque nomade/portable du marché.

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