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Accompagnant les joueurs dans les différentes compétitions à travers le monde, le BenQ XL2411 a longtemps été l’écran le plus réputé pour l’e-sport. Néanmoins les écrans ont évolué, que ce soit en termes de fréquence, de technologie telle que G-Sync, de définition, de taille, les écrans d’aujourd’hui lui sont passés devant sur une ou plusieurs caractéristiques. Retour sur ce BenQ XL2411 au travers d’un test approfondi.

Caractéristiques et design

Possédant une dalle 1080p 24″ TN et profitant d’une fréquence de rafraîchissement de 144Hz l’écran est clairement dédié aux gamers de haut niveau. L’avantage aujourd’hui de ce type de dalle est le prix, que ce soit l’écran (pas forcément cet exact modèle) en lui même ou la configuration qui va l’accompagner, dans les deux cas ce sera la solution la plus économique pour tester le 144Hz. Personnellement je trouve qu’une dalle de 24″ reste petite pour du 1080p, et cette résolution commence à ne plus réellement suffire pour une dalle de 27″ ou plus.

En résumé, nous avons : 

  • Définition de 1920x1080 pixels
  • Taux de rafraîchissement de 144 Hz
  • Dalle TN
  • Rapport de 16/9
  • Pas d'Adaptive Sync

Au niveau de la connectique le XL2411 reste très sommaire avec seulement 1 HDMI, 1 DVI-D et un VGA, on note l’absence de Display Port sur cet écran qui commence à accuser son âge. Il est à noter que le 144Hz est disponible seulement via le port DVI-D. Il n’y pas de haut parleurs intégrés, ce qui est regrettable sans être dommageable, la qualité du son étant la plupart du temps assez médiocre. On observe une prise jack sur le côté gauche, nous déconseillons d’utiliser cette prise au vu de la qualité exécrable des DACs intégrées dans les écrans.

BENQ XL2411

Le design du BenQ XL2411 est très brut avec du plastique un peu rugueux et des bords très épais. Il ne fait pas cheap pour autant malgré qu’il soit loin d’être l’écran le plus sexy du marché. On retrouve le logo BenQ en bas à gauche de l’écran mais aussi celui de Zowie à l’arrière, très discret. Le pied de l’écran possède un rectangle extrudé pour poser des babioles sur ce large pied en plastique.

BENQ XL2411

ERGONOMIE et qualité de fabrication

Le pied permet tous les ajustements imaginables. On peut donc l’incliner, le monter mais aussi mettre l’écran en mode portrait. Le réglage de la hauteur est très agréable pour un écran, surtout sur une petite dalle de 24″. Cela permet de positionner le centre de l’écran à la hauteur des yeux pour atténuer la fatigue de la nuque.
Au niveau de la qualité de fabrication, le plastique très brut de l’écran semble réellement robuste, néanmoins ajuster la position de l’écran fait fortement grincer ce plastique. Il n’y a pas de défaut de fabrication particulier, l’écran restant très simpliste dans son design.

L’OSD de l’écran est fourni mais pas toujours très clair, on ne sait pas forcément où trouver ce que l’on cherche. Néanmoins la navigation est assez naturelle avec un indicateur visuel de la position des différents boutons sur l’écran.

Le BenQ XL2411 possède un revêtement anti-glare mat, cela permet de fortement réduire les réflexions lumineuses. Très pratique si vous avez une fenêtre donnant directement sur votre bureau. Néanmoins une dalle brillante aurait permis d’avoir une image un peu plus vivante. Vous pouvez avoir un aperçu de ces reflets sur la photo ci-contre qui rend assez bien compte de ce que l’on peut avoir.

QUALITÉ D'IMAGE

Toutes les mesures ont été effectuées grâce à une sonde i1 DisplayPro de X-Rite appuyée par le logiciel DisplayCal.
Nous effectuons des mesures de l’écran « out of the box » avant d’étalonner l’écran et reprendre des mesures une fois l’écran calibré pour voir ce dont il est vraiment capable.
Le BenQ XL2411 avec sa dalle TN n’offre pas la meilleure des expériences visuelles. L’image par défaut est clairement très loin d’être acceptable, notamment au niveau du gamma. De simples réglages permettent cependant d’atténuer cela.

Nous avons pu relever une couverture de l’espace des couleurs sRGB de 95.5% avec un volume de 102.2% du spectre sRGB. C’est un résultat  classique pour un écran de ce type,  il ne permettra cependant pas de faire du travail graphique précis. Néanmoins ce n’est pas le public visé par ce type d’écran.
Vous pouvez observer ceci de manière plus graphique sur notre diagramme CIE xy ci contre.

Le contraste avant étalonnage est réellement faible, affichant un ratio de 867:1. On est dans le bas du panier des écrans TN, cela implique donc des noirs grisâtres et une expérience mitigée quand il s’agit d’afficher du contenu sombre à l’écran (jeu de nuit). Un contraste élevé donne de la profondeur aux couleurs et permet d’avoir des noirs profonds. C’est probablement la caractéristique la plus importante pour avoir une image qui plaît à l’utilisateur.
Il est à noter que le contraste est la différence (en ratio) entre la luminosité du point noir et celle du point blanc. Ici, le point noir se situe à 0.327 cd/m² en pré-étalonnage et à 0.249 cd/m² en post-étalonnage.

La luminosité du point blanc relevée dans les paramètres par défaut (100 dans l’OSD) est de 283 cd/m², ce qui est assez lumineux. Lors de notre étalonnage nous visons une valeur de 250 cd/m², plus élevée que la norme de 120 cd/m², néanmoins nous considérons cette valeur comme étant plus représentative d’une utilisation normale.

Pour l’étalonnage nous avons dans un premier lieu sélectionné le Picture Mode « Standard » qui permet de corriger beaucoup de problèmes apportés par le mode par défaut « FPS1 », notamment la courbe de gamma très loin du standard recherché. Une fois ceci fait nous avons réglé la luminosité à 67 et le RGB à 98-100-89.
Après l’étalonnage le contraste arrive à remonter à 989:1, certainement grâce à la correction du gamma. L’écran devient clairement plus agréable à regarder, il n’y a plus que les angles de visions et le faible contraste qui sont en dessous de ce que peuvent proposer des dalles VA ou IPS, néanmoins c’est un problème inhérent à la technologie TN.

Delta-E

Delta-E Non étalonné
Delta-E étalonné

Pour les mesures du deltaE moyen nous effectuons une moyenne sur 490 couleurs différentes. Nous affichons aussi les deltaE pour les couleurs primaires et secondaires, en prenant la moyenne de deltaE d’une couleur sur 20 tons différents. La formule de DeltaE utilisée est le DeltaE 94.

Le DeltaE94 moyen relevé est de 5.74 avant étalonnage, ce qui est très loin de quelque chose d’acceptable, même si l’on n’est pas intéressé par une image fidèle, ceci est principalement dû au mode FPS1 sélectionné de base.

Une fois réglé et étalonné l’écran retombe à des niveaux de DeltaE plus convenables. La moyenne post-étalonnage est ainsi de 0.97, ce qui est très respectable et ne posera pas de problèmes à ceux ne cherchant pas une fidélité extrême. Ces personnes ne s’orienteront de toutes manières pas vers un écran destiné au gaming.

 

Gamma

BenQ XL2411
Gamma Non étalonné
Gamma étalonné

Comme dit précédemment le gamma en sortie d’usine est clairement très loin de notre courbe recherchée (points clairs), cela est dû à ce fameux mode FPS1. Une fois ceci corrigé via le passage au mode Standard et l’étalonnage, la courbe colle enfin notre référence de tonalité 2.2 désirée. C’est le principal gain en qualité d’image perçu par l’utilisateur.

Température

BenQ XL2411
Température non étalonné
Température étalonné

La température des couleurs est bien trop froide, pour une moyenne de 10100K, on se situe tout de même plus de 55% au dessus du point blanc voulu de 6500K. Ce n’est pas pour rien qu’à l’étalonnage on baisse autant le bleu dans les réglages RGB de l’OSD.
Heureusement après étalonnage on arrive à se rapprocher des 6500K avec une moyenne de 6400K en post-étalonnage ce qui représente une déviation de 2%. On remarque cependant des pics dans les faibles luminosité (gauche de la courbe) dus au faible contraste de l’écran.

Une fois étalonné le BenQ XL2411 propose une image acceptable malgré les défauts inhérent à la technologie de sa dalle. Néanmoins il est à noter que les performances en sortie d’usine sont réellement affreuses pour peu que vous soyez un minimum exigeant, il est absolument incompréhensible que ce mode « FPS1 » soit le mode par défaut. Son existence même est inconcevable tant l’image en est dégradée Heureusement le problème est simple à résoudre, même si beaucoup d’utilisateurs ne se poseront jamais la question.

UNIFORMITÉ RÉTROÉCLAIRAGE et ANGLES DE VISION

Pour mesurer l’uniformité du rétroéclairage nous divisons l’écran en une grille de 5×5 cases avant de voir via le logiciel DisplayCal et notre sonde de colorimétrie la luminosité de chaque case à différents niveaux de gris. Nous calculons ensuite la moyenne (en %) par case de déviation de la luminosité vis à vis de la case centrale pour générer l’image ci-dessous.

BenQ XL2411

On n’observe pas de problèmes d’uniformité, même si certaines zones dépassent un peu les 10% de déviation, elles ne représentent pas une très grosse surface de la dalle. Sur une aussi petite dalle avoir une bonne uniformité du rétroéclairage est assez simple à mettre en place. On ressent plus un manque d’uniformité « perçue » à cause des angles de vision trop faibles qu’à cause de l’uniformité du rétroéclairage en lui même.

Ces angles de vision sont donc dignes d’un écran TN, soit … pas très bons. Néanmoins la petite dalle de 24″ permet de ne pas avoir trop de problèmes. Dans la majorité des situations on n’en ressent pas les effets à part vraiment sur les bords de l’écran. Lors d’une utilisation en dual screen par exemple, les bords des écrans risquent de perdre en lisibilité selon l’angle.

Réactivité et TEMPS DE RÉPONSE

Le temps de réponse (ou plutôt rémanence) représente le temps que les cristaux liquides mettent à passer d’une position donnée à une autre. Sachant qu’il existe 255 niveaux de luminosité cela représente BEAUCOUP de temps de réponse. Pour plus de détails référez vous à notre article sur le sujet.

Un temps de rémanence élevé amène plusieurs phénomènes tel que le fameux ghosting, ou encore du black smearing si les temps de réponse dans les tons sombres sont élevés.
Notre protocole de test permet d’analyser tous ces phénomènes sous la forme de deux tableaux, le premier représentant le temps de rémanence, le second l’overshoot. L’overshoot permet d’avoir une idée du reverse ghosting apporté par l’overdrive.

Nous représentons 30 transitions de gris dans nos mesures qui donneront une bonne idée de la réactivité globale de l’écran et de l’overshoot associé.
Pour ces mesures nous utilisons une sonde dédiée et son logiciel, tous deux faits maison, qui nous permettent d’arriver à une précision sous la milliseconde et de prendre automatiquement une très grande quantité de données.
Il est à noter que nous calculons le temps de rémanence à partir du moment où la position des cristaux liquides reste entièrement dans un intervalle de 10% de la position désirée et non simplement quand on passe pour la première fois le seuil de 10%. C’est la raison pour laquelle l’overshoot induit par l’overdrive peut augmenter les temps de rémanence.

Les différents paramètres d’overdrive sont utilisés pour voir leur impact sur le temps de rémanence et l’overshoot.

AMA Off

TDR AMA Off BenQ XL2411
Temps de réponse
Overshoot (moyenne et maximum absolus)

AMA High

TDR AMA High BenQ XL2411
Temps de réponse
Overdrive AMA High BenQ XL2411
Overshoot (moyenne et maximum absolus)

Overdrive Premium

TDR AMA Premium BenQ XL2411
Temps de réponse
Overdrive AMA Premium BenQ XL2411
Overshoot (moyenne et maximum absolus)

Les temps de réponse sont très convenables. Néanmoins pour une dalle TN 144Hz qui se veut très réactive il existe largement mieux, on peut atteindre quelques millisecondes de moins en moyenne sur des écrans plus performants.
L’overdrive existe pour réduire le temps de rémanence en boostant temporairement la tension appliquée aux cristaux liquides. Sur le BenQ XL2411 l’option se nomme « AMA » ou encore Advanced Motion Acceleration, il existe trois réglages, Off, High et Premium.

Nous ne recommandons pas d’utiliser d’overdrive sur cet écran. Le gain apporté par l’AMA de BenQ est très faible par rapport à la quantité d’overshoot que l’on récupère.
Cela signifie que l’on ne gagne pas forcément en ghosting mais que du reverse ghosting va apparaître. Surtout dans le paramètre d’AMA Premium où l’overdrive est bien trop important.
La courbe ci-contre permet d’avoir une idée visuelle de ce que cela représente, on part d’un gris « 50 » (sombre, à gauche) à un gris « 150 » plus clair, le tout avec le réglage d’AMA Premium. On remarque cependant que la courbe dépasse la valeur du gris 150 puis met un certain à se stabiliser. C’est ce phénomène qui induit du reverse ghosting à l’écran.

UTILISATION bureautique et multimédia

Pour de la bureautique une dalle de 24″ 1080p n’est pas optimale, l’écran étant trop petit avec une trop faible résolution n’apportant pas beaucoup de « real estate ». Il est important de noter que pour la productivité, la taille de l’écran ne suffit pas à caractériser la « place » disponible sur l’écran, la quantité de pixels étant fondamentale et permet de définir la « vraie » surface de travail. La diagonale de la dalle ne va ensuite déterminer que la taille de ce qui est affiché à l’écran.

On apprécie quand même l’ergonomie du pied de l’écran pour pouvoir notamment le mettre en position portrait, ce qui, couplé avec un deuxième écran en paysage, peut ouvrir pas mal de possibilités.

Pour ce qui est du contenu multimédia, le BenQ XL2411 offre un rendu très moyen. Entre sa faible résolution, sa petite dalle et la qualité d’image qui n’est pas des plus époustouflantes, l’expérience proposée reste limitée par rapport à ce qu’il se fait aujourd’hui.

Néanmoins, c’est pour le jeu que le BenQ XL2411 a été conçu, avec sa dalle en 144Hz et un temps de rémanence convenable l’expérience sur les jeux compétitifs devient largement plus fluide qu’avec un écran 60Hz classique. On a plus d’informations affichées à l’écran et les mouvements très nerveux deviennent largement plus compréhensibles et fluides.

Pour ce qui est du gaming plus contemplatif et moins nerveux, tel qu’un jeu solo, l’écran souffre encore de sa petite dalle et résolution. L’expérience n’est pas des plus immersives et la faible résolution rend les jeux récents très détaillés assez brouillons.  

Le contraste assez faible peut être dérangeant, surtout dans les jeux assez sombres où tout devient grisâtre à cause du niveau de noir trop clair, ce qui casse l’impression d’être plongé dans l’obscurité. Néanmoins cela rend les scènes sombres plus éclaircies et donc plus lisibles, ce qui est avantageux dans les jeux compétitifs.

CONCLUSION, avantages et inconvénients

Il n’y a pas de débat possible sur ce point, le 1080p 24″ en 2019 ne satisfera pas les gens en quête d’une expérience riche et immersive. Malgré le 144Hz le BenQ XL2411 n’arrive plus à justifier encore sa présence sur nos bureaux, la faute à plusieurs lacunes et une concurrence de plus en plus féroce. Néanmoins si le but est de trouver un écran 144Hz exclusivement pour du jeu compétitif à faible prix cet écran reste une bonne alternative. On peut le trouver autour des 80€ d’occasion, ce qui est vraiment peu cher payé et intéressant pour ceux n’ayant pas les moyens et la config pour profiter d’un meilleur écran.
Il est cependant important de se souvenir que le 144Hz n’est possible qu’en DVI-D, ce qui peut poser problème avec une carte graphique récente, cette connectique ayant tendance à disparaître.

Avantages
  • Réactivité et 144Hz
  • Prix très abordable d'occasion
  • Image convenable pour une dalle TN une fois réglé
Inconvénients
  • Qualité d'image
  • 24" 1080p un peu dépassé en 2019
  • 144Hz seulement via DVI-D

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