Master & Dynamic a vu le jour du côté de New York 5 années auparavant. Peu connue en Europe, la marque a misé sur un design luxueux sans pour autant lésiner sur l’expérience sonore. Le MH40, l’un des produits de lancement, figure toujours au catalogue pour un prix officiel de 399€ au lancement. 

Un premier regard

Ce qui frappe dès le premier regard est le design néo-rétro composé entièrement de cuir et d’acier. S’en dégage une immense sensation de luxe, tant la qualité de fabrication impressionne, de même pour sa solidité. On a rarement vu un produit aussi bien fini et qui associe si bien des matériaux nobles. Pas de plastiques à l’horizon, que du bonheur? En contrepartie, ce casque affiche 360g sur la balance, pas aussi léger que certains modèles nomades mais dans la moyenne pour un casque hifi. Le système de réglage est finement gradué sur chacun des côtés, les marquages étant gravés sur les pivots métalliques. Les pads sont en cuir tandis que l’intérieur est en tissu.  Ils peuvent se détacher en un clin d’oeil via un système magnétique, pour par exemple les nettoyer plus facilement ou les remplacer s’ils sont endommagés. L’arceau est également en cuir et brodé du nom entier de la marque côté intérieur. M&D a fait le choix d’inclure deux prises jack, laissant à l’utilisateur la possibilité de brancher le câble du côté qu’il préfère. Enfin, les côtés droit et gauche sont représentés par les traditionnels  R et L, tandis que le logo M de la marque figure sur chacune des « grilles ». A noter que ces grilles sont purement cosmétiques et qu’il s’agit bien d’un modèle fermé, et non semi-ouvert.

En ce qui concerne les accessoires, on retrouve deux câbles distincts, un adaptateur 6.3mm jack, une boite en cuir permettant de les transporter si nécessaire, quelques notices et une housse en tissu. Le premier câble mesure 1,20m et inclut une télécommande IOS avec un micro, tandis que le second, plus simple, mesure 2m et se prête davantage à une utilisation sédentaire. Ils présentent tous deux la particularité d’être tressés et offrent une bonne solidité et une souplesse raisonnable, avec une légère tendance à s’enrouler ; les terminaisons sont très robustes. La boite en cuir est ornée du logo de la marque et se pare de velours à l’intérieur ; pratique si vous voulez transporter vos câbles en toute sécurité ou d’autres petits accessoires. Avec un prix de lancement élevé – plus de 300€ on le rappelle – il est regrettable de n’avoir qu’une simple housse de transport et non pas un étui de transport rigide offrant une meilleure protection. Maigre consolation, l’intérieur de cet accessoire inclut une petite  pochette afin de pouvoir y loger un câble ou un adaptateur, et la fermeture s’effectue par deux clips magnétiques.

Ce casque Over-Ear peut se révéler très confortable à condition de bien le régler et de le positionner correctement sur la tête, sous peine de ressentir  davantage le poids et le serrage. La précision du système par cran est idéale pour mémoriser ses propres réglages. L’intérieur des pads est spacieux, et conviendra à la majorité des utilisateurs. La chauffe des oreilles est modérée par l’usage de tissu à l’intérieur des pads, contrairement à des pads tout en cuir. L’arceau est probablement le point sensible de l’ensemble en raison de son faible rembourrage , mais en prenant le temps de bien régler le serrage à sa morphologie, il ne pose pas de problème particulier. Il est possible de le tenir plusieurs heures à la suite, à moins peut être pour les porteurs de lunettes ou têtes larges pour qui la durée sera probablement réduite.
Malgré son poids et son encombrement supérieurs à la moyenne, il peut s’utiliser dans la rue ou dans les transports en commun sans soucis, grâce à une isolation efficace pour peu de choisir une musique dynamique et un volume sonore soutenu. Le casque tient relativement bien sur la tête avec un grip convenable. Petite ombre au tableau, la jonction rigide du câble dépasse un peu et peut avoir tendance à se frotter contre le col d’une chemise ou d’un pull. 
Le MH40 correspond plutôt à une idée de casque semi-nomade, à utiliser dans des espaces calmes, tels une bibliothèque ou un train modérément fréquenté. Sa conception fermée propose tout de même une isolation suffisante et il ne fuite pas, ou alors un peu si le volume d’écoute est élevé. Avec une impédance de seulement 32 ohms, il s’exprime déjà très bien sur des sources modestes comme un un smartphone ou un laptop et demande peu de puissance pour obtenir un niveau de volume soutenu. A cette fin, le cadre du test est  en principe représentatif des acheteurs de ce type de produits  : Spotify premium via un iPhone et un Macbook Pro. Maintenant que les conditions d’écoute sont établies, passons au plat consistant : le SON.

Son

L’approche des basses mise sur le respect de l’enregistrement, sans exagération ni accentuation particulière. Pour cause, elles peuvent descendre bas dans ce registre tout en conservant une bonne précision. Les adeptes de grosses basses ne trouveront pas leur bonheur ; en effet il n’y a aucun « débordement » de basse sur le reste des fréquences, tout est à sa place et y reste. Sur certains morceaux et seulement si l’enregistrement s’y prête, les basses peuvent presque donner la sensation que le driver fait vibrer les basses à côté de l’oreille, un peu comme certains casques planar magnetic sont capables de faire. C’est le cas sur « Rockstar » de Post Malone et encore plus sur « Wow » de Beck. En somme, les maitre mots sont précision et subtilité.

Les mediums se sont révélés être une excellente surprise. Les guitares acoustiques et les voix bénéficient d’une reproduction plus vrai que nature, très naturel dans le rendu. Sur les titres des célèbres Rolling Stones « Wild horses » et « Angie », la guitare et le chanteur sont dans la même pièce que nous, on se laisse bercer par le son de l’instrument et la voix mélancolique de l’artiste. Un rendu naturel donc, mais aussi musical, qui reproduit à merveille l’émotion de l’interprète, et qui propose à l’instar du reste du spectre une bonne clarté. Tant les voix féminines que masculines se plaisent sur ce modèle. Les aigus ne dérogent pas à la règle et présentent un bon équilibre : pas de sifflement désagréable, une extension convenable et ces aigus ne fatiguent pas même sur de longues sessions. En bref, ils ne sont pas trop « mordants ». Sur « Europa » de Santana, jamais les aigus ne paraissent exagérés, ils ont un peu de brillance mais restent mesurés.

Dans l’ensemble la signature du casque est comme l’annonce le constructeur : musicale et riche. Pas forcément aussi détaillé qu’un casque hifi ouvert au même prix, le MH40 favorise le plaisir auditif tout en maintenant un niveau de détail satisfaisant et une bonne clarté. Avec une bonne dynamique dans l’ensemble, il n’en demeure pas fatigant pour autant, même sur de longues sessions il n’est jamais agressif dans son approche (à condition d’écouter à des volumes raisonnables, évidemment). Il s’adapte à tout type de musique, même si certains sont mieux mis en avant, comme le jazz, le reggae ou encore les morceaux acoustiques à la guitare. En outre, les timbres sont excellents et bien respectés et les effets de réverbération des enregistrements sont bien reproduits. La largeur de scène se situe  pile dans la moyenne pour un casque fermé, alors que le placement et la séparation des instruments sont excellents.

Comparaison avec d'autres références

Là où le Momentum se présente comme un véritable nomade avec un poids/encombrement faible, une bonne isolation et une très faible impédance, le MH40 se veut plutôt semi-nomade semi-hifi dans son approche. Pour un usage très nomade et mobile donc, le M2 est certainement le plus approprié. Les deux favorisent une signature musicale et dynamique, mais de manière différente. Le Sennheiser est plus basseux, avec des médium plus en retraits et des aigus un peu plus énergiques, et propose une scène sonore plus large.  Le Master&Dynamic garde quant à lui la main-mise sur les médiums, la clarté générale (le M2 est très typé «dark ») et la précision des basses. Au niveau du confort, bien que l’américain soit plus lourd, il est plus confortable au niveau des pads avec plus d’espaces pour les oreilles et surtout chauffe moins, grâce à l’usage de tissu à l’intérieur, contrairement au modèle allemand qui opte pour des pads intégraux en cuir. Dans les deux cas l’arceau est assez fin et ne propose pas de rembourrage particulier.

Le PM-3 et le MH40 partagent une vision assez similaire de semi-nomades. En effet, ils ne sont pas particulièrement légers (environ 350g chacun) et assez encombrant comparés à de vrais nomades. Toutefois, l’Oppo possède une isolation exceptionnelle pour un modèle passif (sans aucune aide électronique) alors que le M&D est moyen sur cet aspect. Au niveau du son, bien que le Oppo soit très précis sur tout le spectre grâce à ses driver planar magnetic, il souffre d’une faible largeur de scène et d’une signature assez monotone, au contraire d’un MH40 très joueur et musical. Dernier mot, le PM-3 est très gourmand et bénéficiera grandement d’un ampli costaud, ce qui ne s’avère pas nécessaire pour le new-yorkais.

Conclusion

Le MH40 est le parfait compagnon du semi-nomade : faible impédance, confortable, isolation satisfaisante et sonorité musicale qui plaira à la plupart des utilisateurs. Pas vraiment hifi mais pas vraiment nomade non plus, il s’inscrit dans une tendance mixte de la plus belle des manières. La signature ne sera peut être pas du goût de tout le monde, mais le tableau d’ensemble est hautement réussi pour le premier modèle d’une marque récente, qui réussit d’emblée le trio gagnant qualité de fabrication/confort/son.

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